REFONDER LE PACTE SOCIAL
Le Pacte social de 1945 est mis à mal par l’acuité de la concurrence des pays émergents aux normes sociales et écologiques très inférieures à celles de l’Europe, ainsi que par le vieillissement de la population.
La compétition mondiale impose de repenser la lutte contre le chômage et la qualité du travail. Le vieillissement impose de repenser l’ensemble de notre protection sociale et de mettre en place une nouvelle politique européenne de l’immigration.
1) Plus d’emplois et une meilleure qualité du travail.
Non, le travail n’a pas changé de camp. Le gouvernement Jospin, en créant plus de deux millions d’emplois, a fait plus pour la « valeur travail » que les gouvernements qui lui ont succédé. Mais travailler n’est pas une fin en soi. Le malaise de la jeunesse n’est pas seulement lié à la peur du chômage mais aussi à celle de l’emploi précaire. Partout ou presque en Europe, le chômage baisse, mais la précarité et le nombre de travailleurs pauvres augmente. La droite dit se battre pour le travail ; la gauche se bat pour l’emploi de qualité, c'est-à-dire pour le travail valorisé.
Pour concilier la flexibilité nécessaire aux entreprises - qui doivent s’adapter de plus en plus vite à l'évolution de la demande - avec la sécurité des salariés, la première politique du travail doit être la sécurité des parcours professionnels. Il faut encourager la mobilité en sécurisant le passage d’un emploi à un autre. Cela implique une refonte de la formation professionnelle qui ne bénéficie pas à ceux qui en ont le plus besoin, le suivi individualisé des demandeurs d’emploi, une articulation plus efficace entre services de l’Etat et des collectivités, la revalorisation de l’enseignement professionnel.
Malgré la baisse du chômage, due pour l’essentiel aux départs en retraite de la génération d’après guerre, le taux d’emploi global reste faible, et celui des seniors est l’un des plus bas d’Europe. C’est une des principales faiblesses françaises. Une très active politique d’emploi des seniors jusqu'à l’âge légal de la retraite (et au-delà pour les volontaires) est indispensable pour nos performances économiques, le pouvoir d’achat et le financement des retraites.
Dans cette nouvelle dynamique, la France devra également porter une nouvelle politique d’immigration au niveau européen qui favorise l’immigration de travail et organise vraiment le co-développement. Nos collectivités seront encouragées à s'engager fortement dans les politiques de coopération décentralisée.
Refonder le pacte social c’est aussi assurer une répartition plus juste de la richesse créée alors que la part affectée aux salaires n’a cessé de baisser ces dernières années au profit de la rémunération des actionnaires.
Dans une situation où la hausse des prix ampute le pouvoir d’achat des ménages et pèse sur la demande, la revalorisation salariale et l’augmentation de la prime pour l’emploi répondraient non seulement à une profonde injustice, mais également au soutien à la demande dans la situation conjoncturelle actuelle. Le Président élu sur le thème du pouvoir d’achat a pris exactement le chemin inverse en décidant de siphonner la prime pour l’emploi pour financer le RSA. La gauche doit faire de la redistribution par les salaires et de la valorisation des revenus du travail une priorité de sa politique. Les allègements de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises devront désormais être conditionnées à des négociations sur les salaires et le partage de la valeur ajoutée dans les entreprises.
2) Le vieillissement des populations est un progrès pour l’humanité et un défi sans précédent pour le financement de la protection sociale.
Mentionnons ici quatre pistes de réflexion :
1) Assurer un meilleur avenir pour les retraités : cela passe, on l’a dit, par la nécessité d’augmenter le taux d’emploi global et notamment celui des seniors. Cela implique également de sécuriser le niveau des petites retraites, d’avantager les retraités de métiers à faible espérance de vie, d’engager le dialogue social sur les règles du cumul emploi-retraite, en le rendant possible. Et cela nécessite d’élargir l’assiette des cotisations patronales à la valeur ajoutée et de financer vraiment le Fonds de réserve des retraites.
2) Une autre prise en charge de la maladie. La priorité est de sécuriser l'avenir des hôpitaux publics en leur assurant les financements nécessaires et en réformant leur gestion interne. Le financement des hôpitaux implique sans doute une plus grande maîtrise des dépenses de médecine de ville. De même, une véritable politique de prévention et de soin devra reposer sur de forts réseaux locaux de santé publique. Le déremboursement d’un nombre toujours croissant de médicaments dits « de confort », qui ne prive que les plus défavorisés, est le contraire de ce qu’il faut faire. Le débat est ouvert : faut-il plafonner le remboursement des « petites » dépenses médicales en fonction du revenu ? Pour les professions médicales libérales, faut-il négocier un système de rémunération forfaitaire et avantager l’installation des professionnels dans les zones rurales et urbaines moins bien dotées ?
3) Pour la dépendance, il faudra créer une véritable 5ème branche de la sécurité sociale. Développer les structures d’accueil et professionnaliser les emplois d’auxiliaires de vie sociale.
4) Une nouvelle politique familiale sera nécessaire pour encourager les naissances, pour mieux concilier vie professionnelle et vie parentale par la création d’un service public décentralisé de la petite enfance, pour aider les familles nombreuses et pourquoi pas en modulant les prestations familiales en fonction du revenu.
Une fois ces objectifs fixés et mis en oeuvre, alors seulement, il sera possible d’envisager l’augmentation de la C.S.G. et l’allongement de la durée de cotisation (en exceptant les métiers pénibles) si cela s’avère nécessaire pour équilibrer la charge du financement portant sur les générations futures.
Enfin, refonder le pacte social, c’est aussi refonder les solidarités entre les générations. La jeunesse est devenue un âge d’adversité permanente, notamment en matière d’emploi, de formation ou de logement. La France doit garantir à tous ses enfants un véritable droit à l’avenir.
La compétition mondiale impose de repenser la lutte contre le chômage et la qualité du travail. Le vieillissement impose de repenser l’ensemble de notre protection sociale et de mettre en place une nouvelle politique européenne de l’immigration.
1) Plus d’emplois et une meilleure qualité du travail.
Non, le travail n’a pas changé de camp. Le gouvernement Jospin, en créant plus de deux millions d’emplois, a fait plus pour la « valeur travail » que les gouvernements qui lui ont succédé. Mais travailler n’est pas une fin en soi. Le malaise de la jeunesse n’est pas seulement lié à la peur du chômage mais aussi à celle de l’emploi précaire. Partout ou presque en Europe, le chômage baisse, mais la précarité et le nombre de travailleurs pauvres augmente. La droite dit se battre pour le travail ; la gauche se bat pour l’emploi de qualité, c'est-à-dire pour le travail valorisé.
Pour concilier la flexibilité nécessaire aux entreprises - qui doivent s’adapter de plus en plus vite à l'évolution de la demande - avec la sécurité des salariés, la première politique du travail doit être la sécurité des parcours professionnels. Il faut encourager la mobilité en sécurisant le passage d’un emploi à un autre. Cela implique une refonte de la formation professionnelle qui ne bénéficie pas à ceux qui en ont le plus besoin, le suivi individualisé des demandeurs d’emploi, une articulation plus efficace entre services de l’Etat et des collectivités, la revalorisation de l’enseignement professionnel.
Malgré la baisse du chômage, due pour l’essentiel aux départs en retraite de la génération d’après guerre, le taux d’emploi global reste faible, et celui des seniors est l’un des plus bas d’Europe. C’est une des principales faiblesses françaises. Une très active politique d’emploi des seniors jusqu'à l’âge légal de la retraite (et au-delà pour les volontaires) est indispensable pour nos performances économiques, le pouvoir d’achat et le financement des retraites.
Dans cette nouvelle dynamique, la France devra également porter une nouvelle politique d’immigration au niveau européen qui favorise l’immigration de travail et organise vraiment le co-développement. Nos collectivités seront encouragées à s'engager fortement dans les politiques de coopération décentralisée.
Refonder le pacte social c’est aussi assurer une répartition plus juste de la richesse créée alors que la part affectée aux salaires n’a cessé de baisser ces dernières années au profit de la rémunération des actionnaires.
Dans une situation où la hausse des prix ampute le pouvoir d’achat des ménages et pèse sur la demande, la revalorisation salariale et l’augmentation de la prime pour l’emploi répondraient non seulement à une profonde injustice, mais également au soutien à la demande dans la situation conjoncturelle actuelle. Le Président élu sur le thème du pouvoir d’achat a pris exactement le chemin inverse en décidant de siphonner la prime pour l’emploi pour financer le RSA. La gauche doit faire de la redistribution par les salaires et de la valorisation des revenus du travail une priorité de sa politique. Les allègements de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises devront désormais être conditionnées à des négociations sur les salaires et le partage de la valeur ajoutée dans les entreprises.
2) Le vieillissement des populations est un progrès pour l’humanité et un défi sans précédent pour le financement de la protection sociale.
Mentionnons ici quatre pistes de réflexion :
1) Assurer un meilleur avenir pour les retraités : cela passe, on l’a dit, par la nécessité d’augmenter le taux d’emploi global et notamment celui des seniors. Cela implique également de sécuriser le niveau des petites retraites, d’avantager les retraités de métiers à faible espérance de vie, d’engager le dialogue social sur les règles du cumul emploi-retraite, en le rendant possible. Et cela nécessite d’élargir l’assiette des cotisations patronales à la valeur ajoutée et de financer vraiment le Fonds de réserve des retraites.
2) Une autre prise en charge de la maladie. La priorité est de sécuriser l'avenir des hôpitaux publics en leur assurant les financements nécessaires et en réformant leur gestion interne. Le financement des hôpitaux implique sans doute une plus grande maîtrise des dépenses de médecine de ville. De même, une véritable politique de prévention et de soin devra reposer sur de forts réseaux locaux de santé publique. Le déremboursement d’un nombre toujours croissant de médicaments dits « de confort », qui ne prive que les plus défavorisés, est le contraire de ce qu’il faut faire. Le débat est ouvert : faut-il plafonner le remboursement des « petites » dépenses médicales en fonction du revenu ? Pour les professions médicales libérales, faut-il négocier un système de rémunération forfaitaire et avantager l’installation des professionnels dans les zones rurales et urbaines moins bien dotées ?
3) Pour la dépendance, il faudra créer une véritable 5ème branche de la sécurité sociale. Développer les structures d’accueil et professionnaliser les emplois d’auxiliaires de vie sociale.
4) Une nouvelle politique familiale sera nécessaire pour encourager les naissances, pour mieux concilier vie professionnelle et vie parentale par la création d’un service public décentralisé de la petite enfance, pour aider les familles nombreuses et pourquoi pas en modulant les prestations familiales en fonction du revenu.
Une fois ces objectifs fixés et mis en oeuvre, alors seulement, il sera possible d’envisager l’augmentation de la C.S.G. et l’allongement de la durée de cotisation (en exceptant les métiers pénibles) si cela s’avère nécessaire pour équilibrer la charge du financement portant sur les générations futures.
Enfin, refonder le pacte social, c’est aussi refonder les solidarités entre les générations. La jeunesse est devenue un âge d’adversité permanente, notamment en matière d’emploi, de formation ou de logement. La France doit garantir à tous ses enfants un véritable droit à l’avenir.
